Ligne imaginaire ?

On va s’offrir des choses à se mettre aux yeux. Ce n’est pas qu’ils fondent en larmes mais nos sens ne passent pas le meilleur des étés.

On s’est mis du plâtre aux orifices histoire de cloisonner nos tympans. Pas de vacances, non, ni immobilière, le casque chauffe, à plein régime, rempli de nos tubes, sans essai clinique au préalable, tout concourt à ce que la vitesse de propagation de ces ondes frappe notre cerveau à temps, nous serons sourds mais ça, nous le savions déjà.

Toucher ce clavier, nos doigts en ont marre, tout aussi sales, ils préfèrent la terre, nos ongles aussi. L’eyeliner de notre phanère kératinisé est une manucure chérie. Nos griffes et nos sabots ne supportent ni nos chaussures ni nos tapuscrits. Se civiliser ne leur procure pas toujours de bonnes sensations.

Nous passerons sur les odeurs, le gustatif, reste l’ouïe. L’art s’entend mais n’écoute pas. Nous avons, nos yeux, qui commandent à nos mains, en passant par nos lignes, une voie de communication. Ouvrir nos valises, sortir nos affaires, quitter nos girons, mettre sur la table, des trucs, pas toujours les nôtres, ceux qu’on a entendu, lu…Là, on se sent encombré, coincé entre des bruits, choqué par des sons, on ne peut pas s’éveiller, on redoute la saturation, le trop plein, le toilette bouché de l’infos en continu, on se sait désabusé.

Puis, des œuvres se collent à nos carreaux.

Celles de Stéphane Mandelbaum.

Ses coups de BIC viennent déposer, par écran interposé, cette lumière dont notre regard a besoin.

On va, enfin, pouvoir respirer de la vue!

Les récents changements ministériels servent une défaite idéologique; un naufrage, aucun élément extérieur au pur politique ne peut sortir vivant, tout juste survivre quelques mois, ce, dans les conditions les plus sombres. La société civile se meurt dans les bras d’un ministère, les visages n’impriment pas avons-nous entendu. Donnée particulière que celle du visage, blanc, de préférence. Celui qui est le plus jeune ministre de l’Education nationale de l’histoire, ministère central, en est un des exemples les plus clairs, signal vivant d’une technocratie consommatrice, adoratrice de concurrence, férue de jeunisme et d’école, privée. Attal, je ne te connais pas, aux antipodes, presque une succession de données contraires, tu es mon antithèse social et culturel.

L’ancien ministre de l’éducation, tout juste nommé ambassadeur auprès du Conseil de l’Europe, est triste. Critiqué pour tout ce qu’il représente au point de donner à ses heures et missions des airs de calvaire, lit-on dans le Monde du 4 août, hier. « Son départ du gouvernement, le 20 juillet, il le sait, est un « trophée de chasse » pour l’extrême droite et la droite ». 

La droite et son extrême lui ont donner du « wokisme », de l' »indigénisme » pour repas, chaque fois obsessionnelle, histoire de dézinguer, pour reprendre ce verbe si laid, un être et un C.V universitaire, culturel avec des spécialités, celle en histoire sociale des Etats-Unis et des particularités, directeur du Musée d’Histoire de l’Immigration. Le calvaire solitaire de Pap Ndiaye, porte voix de l’antiracisme au gouvernement

Un plongeon visuel supplémentaire apparait nécessaire pour incrémenter nos chances d’une respiration stable.

La Maison Rouge nous manque, fermée depuis octobre 2018, nous nous souvenons de sa dernière exposition  » L’envol ou le rêve de voler » (du 16 juin au 28 octobre 2018).

C’est par une œuvre de la collection particulière d’Antoine de Galbert que nous lui rendons visite, on ne quitte pas Stéphane Mandelbaum.

—Restes émotionnels:

Ce qui ruine, dans cette histoire de passation, c’est sa violence, l’antiracisme s’est fait jeter des pierres au visage. L’écologie a pris quelques rides et s’est fait marquer au fer, « terroriste » est gravé sur ses mains. On sait l’hystérie parolière, l’indécence la plus moche, on s’écœure, on est épuisé face à pareille misère dialoguiste. Le contexte géopolitique et national est un échiquier des plus exigeants, mais là, se placent des histoires ineptes, claniques et stérilisées par des propos médiocres, des postures et attitudes insupportables.

Engorgement, gavage.

On ne veut plus rien entendre. Aucun parti. Aucun, tel qu’il s’envisage, s’incarne.

Même là, dans ce petit bout de terre, village au fin fond d’ici, on croise des paroles pourries, des anti chômeurs nombreux, du mépris anti jeune, du silence sans révolte, sans mot, alors même que la porte la plus abjecte toque à la nôtre.

Face, derrière nos murs, planqué au milieu de nos haies, on plante, on se fraye un chemin de la pensée pour sortir indemne de ces diatribes. Clouter ses tympans, triple tour, abruti, sans parvenir à quitter les nacelles de ce navire rural mal en point, on évite la nausée de peu, ces ressentiments n’offrent pas une peau sans défaut à nos échanges, les situations, elles-mêmes, deviennent malsaines. On se tient à l’écart. On frôle nos maisons, on essaie d’aller et venir au travail, en regardant tout droit, en se débattant pour ne pas être retenu par ces vitres de voiture, ces fenêtres aux langues pendues. Sous ses yeux de flics, on passe le contrôle, la surveillante rode, payée à l’heure, ennuyée jusqu’aux os, elle ne quitte pas ces trottoirs, ses espaces publics se privatisent par sa simple présence.

Des actes généralisés de maltraitance combinent haut le cœur et rejet systématique. Sans sifflet, ils marchent au pas.

Alors, on part, on tente une échappée, une parade numérique, on ne veut plus rien savoir des autochtones, n’avons aucune envie de trancher dans la chair du vrai et du faux rural, nous nous débarrassons, en une tribune, et après des mois de luttes internes, du sectarisme écologique. Vayres à Soi, tribune du 30 juillet 2023

Les cow-boy ne sont pas nos alliés. La terre n’est pas une surface plane que l’on peut, impunément, violer.

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On reprendra la route de Stéphane Mandelbaum pour l’inscrire, au Bic, dans nos creux de vagues, toutefois, faites le voyage culturel suivant: Tout droit, avec les virages qui conviennent, vers son histoire singulière et ses œuvres

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« Au football, le gardien de but défend un grand but de 7,32 m de large sur 2,44 m de haut ce qui requiert des qualités particulières. » Pour nos moments symptomatiques propres à l’égarement, une déambulation pensée et écrite, consultable là, est toujours une bonne idée: Des signes au sens: Les gardiens de but: des signes et des parades

Cela nous a conduit à étudier un aspect essentiel du jeu des gardiens : leur placement sur le terrain et plus précisément, l’analyse des positions qu’ils occupent par rapport à leurs buts en fonction de l’origine des tirs.

Méditons, sans spiritualité excessive, sur cette phrase du jour:

 » Quand le gardien de but se déplace sur une ligne imaginaire entre l’attaquant et la cible à l’aide d’une course curviligne, il couvre une surface plus importante à l’extérieur qu’à l’intérieur sauf si le tireur est dans l’axe du terrain. »

Rappelons-nous cette remarque avant tout démarrage de l’ordre du tissage cérébral, concernant notre outil de travail, naviguons à vue depuis ce terrain de foot jusqu’à nos propres créations:

–« Une autre évolution du jeu a lieu tous les deux ans, quand sont choisis les nouveaux ballons à l’occasion des grandes compétitions internationales (Coupe du monde et Championnat d’Europe). Ceci constitue la hantise des gardiens de but, qui redoutent la sortie de leur nouvel outil de travail avec ses trajectoires toujours plus imprévisibles et ambiguës qui leur imposent de nouveaux signes à décoder et à formaliser. Tous les deux ans, il faut donc, s’adapter et certains n’ont pas hésité à affirmer que le ballon du Mondial 2010 constituait un produit de supermarché aux effets surprenants.

Il est vrai, que l’on a vu beaucoup de gardiens en retard, car surpris par les trajectoires insolites, donc difficiles à lire, faire des arrêts du pied ou de l’épaule ; sauve qui peut en quelque sorte ! »

Prochaine sortie, Saturn drive d’Alan Vega,