Lorsque les bonnes intentions sont prises en otage, ce sont malheureusement les « méchants » qui gagnent. Voici un peu comment démarre 1975. Le cynisme entre en grâce. Elle est celle qui marque une rupture et qui permet de regarder sous le vernis du glamour. Elle est l’année la plus importante pour le cinéma américain.
Deux ans plus tard.
Tout a commencé, année zéro, la toute dernière fois, le début de la fin, 1977 est une année qui marque une frontière, une rupture, un changement de paradigme.
L’on quitte définitivement quelque chose de commun pour s’encastrer dans la culture du manque et l’individualisme.
Le monde d’aujourd’hui a commencé en 1977.
L’année où je suis née est celle-ci. Un jour de février, le 47 ème jour, beau milieu de terrain sur un mois qui en comptait 28.
Jour de 1, mois de 2
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Point d’entrée
En Janvier 1977, sachant que l’année d’avant, présidée par Antonioni, le grand prix n’a pas été décerné, Spielberg président, Carrie reçoit le grand prix au festival international du film fantastique d’Avoriaz (1973/1993) et Sissi Spacek, une mention spéciale pour son interprétation.
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Malgré la presque fin du communisme, 77 demeure une année rouge sang au cinéma. Février est un grand mois, le 2, donc, sortait Suspiria, le 7 février William Friedkin, le bien nommé, épouse Jeanne Moreau, en gros, mes grands-parents culturels s’engagent, Suspiria de Dario Argento débarque, avec lui, la somptueuse B.O de Goblin.
Choc esthétique.
1977 fera du bien aux oreilles et aux yeux.
La suite de l’année, c’est aussi la fièvre du samedi soir, nous irons tous au paradis, Providence, un pont trop loin, rencontre du 3ème type, mort d’un pourri. Cannes, présidé par Rossellini, sacre Padre padrone des frères Taviani.
On fait abstraction de Star Wars.
Couleur de foot, mal au cœur, : le 16 mars, les Verts de l’AS Saint-Etienne pleuraient leur défaite face à Liverpool, 3-1. Barrault Piquemal – Photo boutique
Noir et blanc et cinéma, c’est la mort de Chaplin le jour de Noël de cette satanée année…
En livre, Deleuze et Dialogues avec Claire Parnet, Roland Barthes et ses Fragments d’un discours amoureux, Anaïs Nin meurt d’un cancer le 14 janvier. Le 6 novembre, à Paris, disparait Jean Blanzat, auteur méconnu et membre de la Résistance au terrible Iguane, Septembre et le Faussaire…Les Eaux étroites du romantisme noir à la prose magnifique de Gracq se sont extirpées l’année qui précède.
Sans le faire exprès, être née une année double sept est une étrange fierté culturelle. La faute au punk. Mouvement musical ayant atteint son apogée vers 1977 en Grande-Bretagne, le punk, ou punk-rock…La liste incandescente est immense.
Une confrontation qui ne tourne pas au vinaigre, un tournant qui désacralise et sonne le clap de fin, mais aussi, le 1er juin s’arrache I Robot d’Alan Parsons Project, le deuxième album du groupe.
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« Elvis Presley (16 août), Maria Callas (16 septembre), René Goscinny (5 novembre) et Charlie Chaplin tiraient leur révérence. C’était en 1977. Certes, cette année-là n’est pas une cuvée « totem » comme 1968, n’a pas connu d’événements géopolitiques marquants comme 1989 avec la chute du mur de Berlin, ou de tragédie comme l’attentat du World Trade Center en 2001. »
La toute dernière fois, le 26 juin, que Presley se produit en-concert – « il entame sa dernière tournée de l’année 1977 qui se tient du 17 au 26 juin. Le rythme est effréné. Un concert par soir. Le 10e est prévu au Market Square Arena d’Indianapolis, devant 18 000 spectateurs. Elvis est épuisé. Il fait plus de 100 kg. Pendant le concert, Elvis fait monter des proches sur scène, et notamment son père. Rien pourtant ne laisse penser que lorsqu’Elvis achève Can’t help falling in love, et sort de scène, il n’y montera plus jamais.
Six semaines plus tard, le 16 août 1977, Elvis meurt après avoir pris une dose de somnifère avant d’aller se coucher. L’abus de médicaments l’a tué. 100 000 personnes viendront lui rendre un dernier hommage deux jours plus tard à Graceland. »
La Callas – Bizet, Bellini, Puccini, Gounod…
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« La plus que la plus grande cantatrice du XXe siècle. Elle était «la Callas», une diva incomparable. Elle vivait à Paris depuis 1973, malheureuse et coupée du monde. Épuisée par une embolie pulmonaire qui finira par l’emporter. Elle n’avait que 53 ans. Deux ans plus tard, ses cendres sont dispersées en mer Égée, là où elle a vécu les moments les plus heureux de sa vie à bord du yacht d’Aristote Onassis ».
Moment de bascule
Je paraphrase, « coincé entre deux chocs pétroliers, ce millésime a pourtant été exceptionnel. Débuts de la révolution numérique initiée par Apple, lancement de la saga Star Wars, inauguration du RER ».
Le Concorde et son premier Paris /New-York, comment ne pas saluer Jean Dieuzaide.
Alors qu’on montre, aujourd’hui, sans complexe, du doigt les femmes de plus de 45 ans avec une certaine agilité, et qu’on peut se sentir tricarde du monde du travail, on nous répète que les interactions sociales, notamment affectives, seront, plus rares parce que nous n’avons plus, 20 ans. Que le couple tout dénormé qu’il soit, se délite à bout de bras mais reste le camp qu’il fallait/faudrait choisir. Ravies, nous sommes, déjà, hors les clous, 46.
Tout semblait calme, en apparence
En 1977, le monde est entré dans une nouvelle ère, celle de l’inquiétude.
Tu n’as rien vu en 1977. Rien. Qu’y avait-il d’ailleurs à voir, à saisir, à comprendre ? Le monde occidental était plus ou moins en paix, la guerre froide figeait les positions belliqueuses, pas de chômage de masse, une extrême droite somnolente, la jeunesse profitait encore de l’appel d’air de 68… Tout semblait calme et tranquille. En apparence.
Cette année-là pourtant se joue quelque chose d’essentiel : le début de la chute. Le punk, Apple, les » nouveaux philosophes « , Star Wars, Beaubourg, Téléfoot et la bande à Baader. Tout s’y invente, tout s’y déploie, tout s’y transforme, du sentiment de vacuité à l’ivresse du spectacle et de la technique,de la mélancolie postmoderne au triomphe de l’idéologie néolibérale, du deuil d’un avenir radieux à la globalisation des normes. De sorte que 1977 peut être considérée comme la scène primitive de notre époque actuelle. Une année zéro. L’origine de la faille dont nous éprouvons aujourd’hui les secousses. L’année d’une bifurcation vers un monde brutal dans lequel nous nous agitons encore. Source Babelio
L’origine de la faille dont nous éprouvons aujourd’hui les secousses.
L’année où tout a commencé démarre sa course folle un samedi. En reprenant quelques coupure de presse, celles du Parisien valent le détour opportun:
« 1977 fut un grand millésime. Pas pour les vignes, elles avaient gelé au printemps. Mais pour le reste, franchement, on a rarement fait plus riche. Cette année-là a vu naître « Téléfoot » sur TF1 et Thierry Henry, aux Ulis, en région parisienne. Le premier épisode de la saga Star Wars sortait des studios George Lucas à San Francisco et Benjamin Millepied – qui en a vu aussi, des guerres des étoiles – ouvrait les yeux à Bordeaux. Premier PC grand public de l’Histoire, l’Apple II voyait le jour à Los Altos, en Californie, tout comme Jérôme Kerviel à Pont-l’Abbé, dans le Finistère. L’ex-trader de la Société générale n’aurait sûrement pas fait autant de bêtises si l’informatique n’existait pas. Toujours en 1977, le Concorde effectuait son premier Paris-New-York… »Leparisien.1977 l’année où tout a commencé
« L’essai qu’il consacre à cette année «où il ne se passa rien». 1977, année électrique commence par ce constat : «Nous sommes orphelins d’une expérience historique suffisamment claire et unificatrice pour nous porter, d’une seule voix, vers un avenir partagé.
En dehors d’un même sentiment de passivité collective, rien ne réunit les enfants nés vers la fin des années 60, pas plus que ceux nés vingt-cinq ans plus tard.
Le même grand vide les absorbe. Le même horizon bouché les écrase. La même impuissance les attriste.»
Qu’on l’appelle inquiétude, ou bien «démoralisation» – selon le mot du philosophe Bernard Stiegler -, ce sentiment avec lequel beaucoup abordent 2017, Jean-Marie Durand en trouve la source en 1977 .liberation,1977, le début de la fin
« Mathias Bernard, historien et président de l’Université Clermont Auvergne, confirme : « C’est la fin des Trente Glorieuses. Au niveau économique, le cap du million de chômeurs est franchi.
Nous assistons au début de la désindustrialisation. Au commencement de la décennie, on ressentait encore le souffle révolutionnaire de Mai 1968.
En 1977, la radicalité n’est plus mise en avant, le communisme s’affaiblit. L’individualisme prend peu à peu le dessus au détriment des grandes utopies collectives. » Le parisien.



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