Songe d’un jour d’été

Les voyageurs, comme on peut les appeler, ces mots ne désignent pas une appellation, mais bien des êtres humains. Loin de l’irrespect des sobriquets dont on les affuble trop souvent, les gens du voyage représentent, pour moi, bien plus qu’une communauté.

Au sein de cette dernière, j’ inclus mes oncles et tantes, par ailleurs, fort indélicats lorsqu’il s’agissait de parler de ces autres voyageurs.

Issus d’une famille déchirée par les guerres, ils étaient, pourtant, sans cesse dans le mouvement, perpétuel ou presque, sans but nécessaire ni destin à accomplir.

Une caravane à Vayres, la Côte.

Voyager, au sens le plus strict du terme, solidement harnachés aux principes du long voyage, ils formaient trois voire quatre convois le long des routes de France et d’ailleurs.

Combien de milliers de kilomètres ont-ils parcouru ?

Je ne saurais le dire.

Combien de paysages, de tableaux, de scènes ont-ils vu, vécu ?

Tout ce dont je suis sûre, c’est que l’itinérance s’est transmise jusqu’à mon père, lui-même, féru de long trajet, de longue distance, de voyage sans fin, avec une préférence pour la nuit…

Je me souviens, très bien, de leur caravanes immenses et leurs véhicules à roues motrices. Cet ensemble pouvait renvoyer vers un langage codé quant à leur « identité », oserais-je, c’est peu dire qu’ils impressionnaient, que les entrées, parkings et sorties des campings ou autres aires dédiées étaient attraction et source à commentaires!

Le camping car a failli être une autre tradition familiale, mon père se rêvait taxi, s’imaginait tout à son aise, là, à dévorer l’asphalte de toutes les voies possibles qui se présenteraient à lui.

Il s’en est fallu de peu.

Nous avons, à notre façon, préservé ce précieux rapport aux mouvements, aux déménagements et donc, au temps.

Sans racine terrestre, c’est à croire, mais davantage enracinées dans une culture du déplacement, nous avons bougé, mué, sommes passées d’états à d’autres états.

L’exploration, l’itinéraire, le circuit et la promenade composent nos notions du séjour, tour à tour, touriste, étrangère, immigrée, pas tout à fait en place, rarement autochtone…

Une caravane nichée à Vayres

Traduire cela au travail fut évident, pas de carrière longue, de concret régulier, la soif et l’appel du voyage, toujours palpable, invite à l’interrogation. Je suis à un carrefour d’où certains choix vont disparaître, certaines personnes seront abandonnées, c’est la loi du cours de route et de l’allègement intrinsèque.

Le choix se fait drastique lorsqu’il s’agit de prendre un chemin et non un autre, de se trouver dans une direction qui oblige au désintéressement.

Ce qui était possible ou envisageable il y a 3 ou 4 ans, encore l’année dernière ne l’est plus. Même si cela pouvait revêtir l’étoffe d’une victoire, je ne reviendrai pas en arrière.

Désormais à mi- vie, je ne souhaite plus donner ni encourager un être qui n’attend que des attentions mais qui reste sur place. Je vois d’autres visages, ici, et là, je croise un état d’esprit qui m’isole, me désole ou me plait.

Dans mes recherches et démarches, les kilomètres s’allongent, ce qui me laisse perplexe, vais-je encore repartir ?

La Dordogne, env. 100 km pour ce poste, la Gironde, un peu plus, puis c’est au tour de Millau, du département de l’Ain, si je me tiens à mon parcours professionnel et aux orientations que j’ai envie de lui offrir, je fais de la distance! Plus de reconversion en ligne de mire, mais bel et bien, une réaffirmation. Peut-être.

Cela sera toujours en lien étroit avec l’écologie, la sobriété culturelle, les fonctions éducatives environnementales de l’art dans les territoires et toutes les questions sociétales indéboulonnables de mes batailles: les représentations du patrimoine, l’écoféminisme, la parité, la justice sociale, les luttes contre les discriminations…

Ensemble gris et blanc, Pellenie, Vayres

Est-ce la bonne méthode? Je ne sais pas. J’en ai assez de me sentir perdue, loin des mes concepts, des mes outils, à la peine au niveau social et non indépendante…C’est difficile, les jours et les nuits, de ne plus très bien savoir où chercher, où regarder, penser à des signes qui ne viennent pas, à des opportunités qui pourraient, mais rien ne se présentent, parfois, alors même que nous sommes dans le besoin.

Les mains ne se tendent pas et vous êtes seul.e, bien seul.e! Je pense très souvent à mes affaires laissées en garde meuble, cela fera une année en novembre, à cette question du logement inévitable mais totalement indispensable du travail, à ce que j’ai toujours cru.

Une vie facile je n’ai jamais eu, je redoute plus que tout l’absence de sens et le sacrifice de mon temps pour des occupations inférieures.

Trop de temps j’ai déjà accordé à des métiers à la philosophie douteuse, bien trop d’énergie pour des êtres louches voire contestables.

// Un jour de juillet avant qu’un autre mois ne commence…

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